Le chanvre CBD à La Réunion

La Réunion, département français d’Outre-Mer, est surtout connue comme une destination touristique prisée grâce à ses paysages à couper les souffles, au Piton de la Fournaise et à ses plages de rêves. L’hospitalité et le savoir-vivre de ses habitants ainsi que la canne à sucre sont également des caractéristiques indissociables de l’Ile de La Réunion. Mais aujourd’hui, nous ne sommes pas là pour parler de tourisme mais de “zamal”, terme local provenant du malgache “zamala” désignant le cannabis.

Quelle est l’histoire du “zamal” ? Est-ce la solution aux problèmes écologiques et économiques que connaît La Réunion ? Voici les questions auxquelles nous tenterons de répondre dans cet article. Enfin nous ferons un petit détour par St Gilles les Bains au Salon des Vapoteurs à la rencontre d’Ivan, pionnier de la vente de CBD à la Réunion.

L’histoire du “zamal” à La Réunion

Importées au XIXe siècles d’Inde, d’Afrique et de Madagascar, le terme “zamal” représente les différentes variétés de cannabis poussant naturellement à La Réunion. Blog-Cannabis nous indique qu’initialement il était “utilisé par les esclaves au cours de cérémonies spirituelles ou pour usage personnel à titre de réconfort. Par la suite, son usage est devenu tradition. Parfois festif, pour célébrer la fin des récoltes, parfois domestique. On le frottait par exemple sur les testicules des coqs-bataille pour accroître leur combativité ou on le donnait à manger aux poules pour les rendre meilleures pondeuses. Le zamal était également très prisé chez les anciens (les « gramouns ») qui en faisaient des décoctions aux vertus thérapeutiques plus ou moins avérées (pour calmer l’asthme, les angoisses et les douleurs au bas-ventre), ou le fumaient lors de réunion entre gramouns.” Aujourd’hui, le “zamal” reste consommé localement même si les génétiques actuelles (plus forte en THC et au rendement plus grand) ont presque remplacé les “kalités” ancestrales (terme désignant les variétés de cannabis). A noter que comme dans tous les départements français, sa culture et sa consommation sont interdites en vertu de la loi du 31 décembre 1970 relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie. 

Bien que située sous les tropiques et bénéficiant donc de conditions idéales pour plusieurs récoltes par an, La Réunion n’a jamais vraiment exploité la filière du chanvre et chanvre CBD. En effet, le secteur agricole réunionnais est historiquement axé sur la canne à sucre avec plus de la moitié des surfaces agricoles dédiées à sa culture. Et comme toute production industrielle, elle engendre de sérieux problèmes écologiques.

Le Zamal industriel : une solution à la crise économique et écologique ?

Canne a sucre La Réunion

Alors que les ressources économiques de La Réunion sont majoritairement tirées du tourisme à grande échelle et de la culture de la canne à sucre, depuis plusieurs années de nombreuses voix s’élèvent contre cette industrie. D’abord, avec l’émergence de nouveaux pays produisant de la canne à sucre à moindre coût, La Réunion devient de moins en moins compétitive dans ce secteur et connaît une grave crise concurrentielle. Ceci a évidemment des conséquences directes sur les emplois. Rappelons d’ailleurs que le taux de chômage est déjà bien plus élevé à La Réunion qu’en métropole (respectivement 24% contre 9% de la population). Ensuite, comme tout culture industrielle, celle de la canne à sucre va de paire avec l’usage de pesticides puissants comme le plus connu de tous : le glyphosate. Et aujourd’hui, après des décennies de cette culture intensive, les conséquences écologistes et sanitaires graves apparaissent : épuisement et contamination des sols, pollution des nappes phréatiques et des cours d’eau, maladies pour les ouvriers agricoles...

Alors pourquoi ne pas remplacer la canne à sucre par le chanvre ? C’est l’idée de nombres d’acteurs réunionnais proposant l’implantation une filière chanvrière. En effet, le chanvre pourrait être une des réponses aux différents problèmes que connaît La Réunion : 

  • Réponse écologique : tout d’abord, nous savons très bien que le cannabis n’a besoin d’aucun engrais ou pesticide pour être cultivé ce qui déjà un grand pas pour une agriculture propre. Certains spécialistes estiment par ailleurs que les sols contaminés pourraient être dépollués sous 3 et 5 ans grâce à sa fonction (méconnue) de phytoremédiation : pour faire simple les racines du chanvre absorbent les molécules nocives comme les métaux lourds ou les pesticides, purifiant ainsi les sols. Enfin la diversification des cultures amènerait la création d’un nouvel éco-système et permettrait donc une (re)diversification de la faune et de la flore sur les terres exploitées. 
  • Réponse économique : En terme d’emploi, la création et le développement d’un nouveau secteur permettraient évidemment la création d’emplois ce qui est argument important sur un territoire où 1 personne sur 4 n’a pas de travail. Un nouveau secteur qui pourrait également permettre une baisse des importations de produits finis et le remplacement de ceux-ci par son équivalent chanvrier. Benjamin Coudriet, président de l’Association Chanvre Réunion (A.C.R.) nous explique : “Aujourd'hui, on importe du béton et d'autres matériaux de construction qu'on peut théoriquement fabriquer en valorisant le chanvre (…) Les atouts agronomiques et écologiques de la plante sont certains. Nous pouvons localement avoir une production de fibres qui servira à des matériaux biosourcés comme le béton de chanvre ou la laine de chanvre pour l’isolation”. 

De plus, le secteur chanvrier est en plein boom avec l’apparition de marchés (bien-être, CBD, cosmétique et alimentaires) et donc ces nouveaux débouchés permettrait peut être un redémarrage économique de La Réunion.

Une phase d’expérimentation vient d’être lancée

C’est donc dans ce contexte que l’A.C.R. avec l’aide de l’Armeflhor (le centre technique d'expérimentation en fruits, légumes et horticulture de La Réunion) lancent une phase d’expérimentation de la culture du chanvre. Celle-ci concerne plusieurs parcelles à travers l’île et portera sur des variétés de chanvre du catalogue européen (respectant le seuil légal de 0,2% de THC) cultivées pour leur fibre et leurs graines et quelques autres variétés de chanvre "bien-être" ou CBD qui seront elles cultivées pour leurs fleurs. Dans un premier temps, l’objectif est de savoir à quelle période et sur quelle partie de l’île sa culture sera optimale selon les variétés. Les premiers résultats ce cette phase test sont attendus pour début 2020 et compte-tenu du climat réunionnais, il ne serait pas étonnant de voir les premiers produits finis (probablement alimentaires comme l’huile de graines de chanvre ou la farine de chanvre).

Alors d’ici 2020, comment se procurer les produits dérivés de CBD à La Réunion ? 


Le salon des Vapoteurs / CBD Réunion, pionnier du CBD à La Réunion

Salon des vapoteurs La Réunion

Comme en France métropolitaine, il est possible de vous procurer des produits dérivés de CBD en magasin spécialisé. Ouvert depuis 2015 à St Gilles Les Bains, Le Salon des Vapoteurs est le pionnier du CBD à La Réunion. Au départ axée sur la vente de e-cigarettes, cette boutique a rapidement pris le virage des produits dérivés du CBD en proposant des e-liquides au CBD puis d’autres produits dérivés. Convaincu du potentiel de cette molécule naturellement présente dans le chanvre et notamment de l’aide précieuse qu’elle apporte pour l’arrêt du tabagisme et de la dépendance à la nicotine, Ivan le sympathique gérant de ce magasin nous explique comment lui est venu l’idée : “j’ai arrêté la cigarette grâce au CBD [...] en arrêtant de fumer, j’ai ressenti un tel bien-être que je me suis dit, il faut que j’aide les Réunionnais”. Et voilà comment fut lancé Le Salon des Vapoteurs. Misant sur ce “produit d’avenir”, Ivan a même lancé en 2018 une boutique en ligne dédiée au cannabidiol et à ses produits dérivés : CBD Reunion. “Cela répondait aux besoins et à l’engouement des Réunionnais pour le CBD. De plus, c’est un métier très gratifiant. Apporter une réponse alternative aux personnes ayant envie d’arrêter de fumer et aider les malades ne trouvant pas de réponse médicales classiques est très enrichissant. Je conseille et échange beaucoup avec mes clients afin de leur apporter la réponse la plus personnalisée possible. ” Dans sa boutique on y retrouve bon nombre de  produits au CBD et notamment de lhuile de CBD 100% française de la marque Saveurs-CBD (re)connue pour son potentiel et sa qualité. Il conclut : “ Aujourd’hui je ne me pose plus la question de l’utilité de mon travail, cela va de soi, j’aide les gens. C’est une grande fierté pour moi !



En attendant la fin de l’expérimentation en 2020 et une évolution claire du volet légal sur le sujet du CBD en France, nous vous invitons toutes et tous, Réunionnais ou simples touristes à aller visiter le Salon des Vapoteurs et discuter avec Ivan. A coup sûr, il saura vous orienter vers le produit vous correspondant le plus.